tentative de record du monde par jean-pascal ROUX....part 2

Publié le 16 Juin 2009

la suite ....

13h00. Après quatre heures d'efforts, Jean-Pascal Roux tient sa ligne de conduite. Il s'était mis en tête d'accomplir les premiers kilomètres au-dessus de 37,5 km/h de moyenne et de tenir à ce rythme le plus longtemps possible, histoire d'engranger suffisamment de kilomètres en prévision d'heures plus difficiles. Pari réussi puisqu'après quatre heures sur le vélo, le Vauclusien a déjà parcouru neuf tours de circuit à Caderousse, soit 154 kilomètres, à la vitesse moyenne de 38,240 km/h. Autant dire que Jean-Pascal Roux reste largement dans les temps d'un record du monde, même si la route s'annonce encore très longue d'ici à demain matin 9h00. Le coureur, qui était soutenu depuis la voiture suiveuse par Alain Prost en début de journée, poursuit son combat contre la chaleur à l'aide d'un brumisateur qui lui permet de se rafraîchir.


© Vélo 101
14h00. Tenir le plus longtemps possible au-delà du seuil des 37,5 de moyenne, c'était l'objectif premier de Jean-Pascal Roux. Cinq heures après son départ, force est de constater que le coureur vauclusien s'y tient. Evidemment, il perd en rendement au fil des boucles du circuit de Caderousse, la chaleur n'aidant pas, mais il maintient néanmoins un rythme régulier qui lui permet d'afficher une moyenne générale à peine inférieure à 38 km/h après cinq heures de vélo (188 kilomètres). Une sacrée performance, d'ores et déjà, pour l'aspirant au record du monde, qui réclame beaucoup de frais afin de
lutter contre la chaleur caniculaire. Le club de vélo local s'est chargé d'apporter un seau de glaçons à la voiture-suiveuse de Jean-Pascal Roux, qui n'a toujours pas fait d'arrêt et dont la combinaison blanchit sous l'effet du sel engendré par la sudation.

15h00. A l'heure où le thermomètre atteint des pointes, Jean-Pascal Roux a fini par poser pied à terre. Façon de parler car c'est en réalité dans un seau de glace que le coureur a plongé ses pieds le temps de se rafraîchir. Moins d'une minute d'arrêt, juste le temps de glisser quelques glaçons sous le maillot afin d'affronter la chaleur suffocante qui ne l'arrête pas dans son défi. Avec 36° affichés, on peut imaginer que la température a atteint son sommet. En tout cas, Jean-Pascal Roux suit son tableau de marche théorique puisqu'il compte 25'36" d'avance (l'équivalent d'un tour de circuit) sur une moyenne générale établie autour de 35 km/h. Le Vauclusien a effectué un deuxième arrêt dans le treizième tour afin de satisfaire un besoin naturel et de changer de casque, abandonnant quelques instants le casque de chrono profilé pour soulager sa nuque.


© Vélo 101
16h00. Sous un soleil de plomb qui pèse vraiment sur son physique, Jean-Pascal Roux ne cesse de tourner les jambes. L'absence de vent fait davantage souffrir le coureur, qui demeure lucide et pense régulièrement à s'asperger les jambes et les pieds avec de l'eau fraîche. L'équipement vestimentaire, fourni par BMC et qui n'est autre qu'une combinaison de l'équipe professionnelle BMC Racing Team, ce qui explique sa dominante noire, a perdu de ses teintes sous l'effet de la transpiration. Jean-Pascal Roux commence logiquement à piocher. Il vient de boucler sept heures de selle à près de 37 km/h de moyenne, toujours en avance sur son tableau de marche, même s'il lui faut à chaque fois un peu plus de temps pour boucler les 17,141 kilomètres du circuit de Caderousse. A présent, il faut environ une demi-heure au Vauclusien pour accomplir un tour de circuit.

17h00. Sur un braquet pratiquement fixe (53x16), Jean-Pascal Roux poursuit sa quête effrénée de kilomètres. La bonne nouvelle, c'est une température qui est redescendue aux alentours des 30°. Il est clair que, dans ce périple, la chaleur aura été un élément prépondérant. Une seconde fois, le coureur a dû s'arrêter pour tremper ses pieds dans une bassine d'eau. Reparti avec son casque de contre-la-montre, que son attentionnée équipe d'assistants a pris soin de tremper dans l'eau, Jean-Pascal a cherché à marcher un peu durant sa courte pause. Mais le pas est déjà difficile, preuve en est que le coureur a déjà atteint un certain niveau de fatigue. Malgré tout, il continue à évoluer dans les temps d'un record du monde, maintenant sa moyenne horaire, demeurant lucide et n'oubliant pas de s'alimenter régulièrement en liquide comme en solide.


© Vélo 101
18h00. Question chaleur, le plus dur est fait pour Jean-Pascal Roux. Les températures ont commencé à baisser et le compétiteur retrouve un peu de fraîcheur. Sur le vélo, les temps signés demeurent très bons. Neuf heures après son départ, il affiche déjà 325 kilomètres au compteur, seules quelques pauses ayant été nécessaires pour lui permettre de tremper les pieds et le casque dans l'eau. Le coureur est fourbu, marche difficilement. On imagine assez mal dans quel état il terminera son périple à 9h00 demain matin ! Sur le vélo, Jean-Pascal s'étire au maximum, cherchant surtout à se décontracter au
niveau des reins. En attendant, beaucoup de gens sont venus l'encourager sur le bord de la route, notamment les membres du team Scott-Vélo 101, et les messages d'encouragement postés sur le forum lui sont transmis en temps réel, merci à tous.

19h00. Parti depuis maintenant dix heures, Jean-Pascal Roux approche tout doucement de la moitié de son périple. Il aura bientôt accompli son premier tour d'horloge. Le bonhomme a déjà beaucoup payé de sa personne. S'apercevant qu'il avait perdu beaucoup de sel, il a fini par se restaurer en produits salés : chips, sandwich au jambon et au fromage, boissons salées. Une variation dans son alimentation jusqu'à présent constituée de produits énergétiques, d'abricots secs, de pruneaux et de bananes. Jean-Pascal, qui souffre surtout de brûlures aux pieds, qu'il trempe régulièrement dans une bassine d'eau pour calmer le feu, ingurgite environ un bidon par tour de circuit de 17,141 kilomètres. Seul le café n'a pas encore été réclamé par le coureur, qui maintient une jolie moyenne puisqu'il a effectué les 360 premiers kilomètres à un peu plus de 36 km/h.


© Vélo 101
20h00. A l'approche des douze heures, Jean-Pascal Roux poursuit son impressionnante chevauchée solitaire. Les spectateurs sont toujours aussi nombreux à se rassembler pour soutenir le coureur dans son exploit. Parmi eux notamment un ancien compétiteur du Paris-Brest-Paris 1987, René Vaton. Les kilomètres tirant dans les jambes, Jean-Pascal devient de plus en plus exigeant question alimentation. Ses envies changent régulièrement. "J'écouterai pas mal mes envies, lesquelles vont changer au fur et à mesure des heures qui passent, nous avait prévenu Jean-Pascal Roux. Si mon corps réclame une pizza ou un sandwich au saucisson la nuit, c'est ce qu'il faudra que je prenne." Dès lors, les habitants de Caderousse se mettent en quatre pour répondre aux exigences du champion, parvenu à améliorer son temps dans la onzième heure !

21h00. Et voilà Jean-Pascal Roux passé sur la ligne une vingt-cinquième fois, au terme d'un premier tour de cadran, respectant toujours scrupuleusement le tableau de marche qu'il s'était fixé. Pour jouer dans les cordes d'un record du monde, le Vauclusien devait accomplir un peu plus de deux tours de 17,141 kilomètres chaque heure. Avec un tour d'avance à mi-périple, il est donc dans les temps pour aller chercher les 835 kilomètres réalisés voici cinq ans par le Slovène Jure Robic. Avec 430 kilomètres déjà accomplis, Jean-Pascal Roux a déjà réalisé plus de la moitié de la distance record. Il lui faudra néanmoins tenir sur le second tour d'horloge, qui vient donc de commencer. Mais le coup de pédale est bon et on constate d'ailleurs que le Vauclusien a signé dans le vingt-cinquième tour l'un de ses meilleurs temps par rapport aux dix tours précédents.

22h00. La nuit est tombée sur le circuit de Caderousse, et Jean-Pascal Roux en a profité pour changer de monture. Le temps d'un tour, il a laissé son vélo de contre-la-montre à ses assistants pour rouler sur un vélo classique sans prolongateur afin d'adopter une position différente de celle du chrono et soulager les vertèbres vivement sollicitées depuis ce matin. Pendant ce temps, le staff s'est activé autour du vélo de triathlète, qui a déjà parcouru 450 kilomètres depuis ce matin. Les boyaux ont notamment été regonflés, ce qui permettra à Jean-Pascal de repartir à neuf avec 9 bars de pression à l'arrière, 8 bars à l'avant. Autre élément nouveau, l'apparition de la pluie en soirée. Le coureur a essuyé une averse rafraîchissante comme il les aime avant de s'engager dans une longue nuit de vélo, appuyé par la voiture-suiveuse, pleins phares.

23h00. La nuit tombée a apporté de la fraîcheur à Jean-Pascal Roux. 22° encore et quelques gouttes de pluie de temps à autre sur les routes du Vaucluse, où le coureur solitaire vient de franchir la barre des 500 kilomètres parcourus. Lucide, il évite habilement les obstacles soigneusement marqués à la bombe aérosol sur le circuit de Caderousse. Jean-Pascal alterne les positions mains au bas du guidon, mains sur les prolongateurs, afin de soulager son dos soumis à rude épreuve depuis maintenant quatorze heures. Il bénéficie encore d'un nombreux soutien, comme celui du président départemental de la FFC Georges Garcia, un passionné de cyclisme éclectique puisque issu du bi-cross, et qui n'a eu qu'un commentaire envers la performance de Jean-Pascal Roux : "fada, mes respects !" Et le coureur de poursuivre sa chevauchée nocturne.


© Vélo 101
0h00. Tel un parfait métronome, Jean-Pascal Roux poursuit sa route sur des bases parfaitement régulières. Seuls de brefs arrêts perturbent un peu sa moyenne horaire, mais il se maintient dans les cordes d'un record du monde à neuf heures du terme de son périple. A minuit, il "n'est plus qu'à quelques" 200 kilomètres du record de France (738 km) et 300 kilomètres du record du monde (835 km). Tandis que la pluie s'est arrêtée, Jean-Pascal a profité d'un nouvel arrêt pour effectuer un bain de pied, se plaignant toujours d'échauffements consécutifs à la chaleur et au frottement. Il s'est en outre équipé d'une lampe frontale pour traverser la nuit en toute sécurité, éclairé également par les phares de la voiture-suiveuse, qui ne perd pas une miette de l'incroyable défi lancé par le Vauclusien, dont la route sera encore longue cette nuit.

Rédigé par Chamrousse Team Cyclosport

Publié dans #records

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Ludo 17/06/2009 08:30

N'ésite pas à te faire connaitre Sébastien de Villard, lorsque tu croise un "CTC" sur les routes de notre beau plateau!

fred 16/06/2009 22:17

bonjour seb pas de probleme laisse ton adresse mail pour discuter ou viens nous rejoindre un mercredi ...
au plaisir de rouler ensemble.

Besqueut Sébsatien 16/06/2009 19:48

Bonjour,
J'habite depuis 2ans à Villard de Lans, et j'ai eu l'occasion de vous croiser sur des cyclosportives et aussi de remonter sur Engin avec l'un de votre team. Je suis ancien coureur élite, et maintenant je profite des cyclosportives, ski de fond. Comment est il possible d'intégrer votre team?
Cordialement

Eric G 16/06/2009 14:59

Enorme! Fabuleux ! Extraodinaire ! Bref les qualifiactifs manquent pour apprecier l'exploit de Jean Pascal! Un coureur vraiment super sympa qui gagne beaucoup a etre connu !

fred 16/06/2009 14:32

35 km/h de moyenne tout seul,deja que nous en peloton on force.
quel mental...